lundi 12 septembre 2016

This summer in NYC - a poem

Cet été, je suis donc allé passer quelques jours entre amies à NYC. Pour revoir une vieille amie, s'amuser un peu, changer de décor, fêter un anniversaire. Et puis un bon matin, en route vers Williamsburg, au feu de circulation, juste avant de passer sous un pont surrélevé, cette fille apparaît dans mon champ de vision. Elle est magnifique, toute grande et fine, un chignon sur la tête et des vêtements de plage sur le corps. Ce qui la rend belle ce n'est pas spécifiquement sa tenue ou sa taille, mais bien sa démarche. Elle flotte et on la sent bien. 
Tout de suite, avant même ses vêtements, je remarque pourtant ses jambes. Ses mollets, pour être précise. Ils ne sont pas épilés. Moi, ça m'interpelle. Je réfléchis depuis un moment à tout laisser aller. J'aime mes poils de corps. Et je veux me libérer de la pression naturelle, malheureusement, que je me mets de m'épiler. Cette fille, cet ange tombé du ciel, c'est mon "trigger", mon élément déclencheur.
Alors dès mon retour à Montréal, j'obtempère. Je ne fais plus rien et j'observe. Et puis j'écris ce que je ressens sur papier. J'ai l'impression d'avoir tant de choses à dire. Rien de nouveau, sûrement, mais ce n'est pas assez dit en public. 
J'ai l'impression d'avoir la responsabilité de le dire à voix haute à d'autres femmes, plus jeunes, moins jeunes, peu importe.
Pas la responsabilité de le leur dire quoi faire, non. Plutôt celle de leur faire réaliser qu'elles ont un choix, et que les poils, c'est pas dégueux, c'est pas sale.

Tout comme mes précédents poèmes en anglais, j'ai plus de facilité à cerner ce que je ressens quand je dois le penser dans une langue étrangère, car elle me force à la base à clarifier mes phrases pour me faire comprendre des autres.

J'espère ainsi qu'à celles ou à ceux (comme de nos jours ça va dans tous les sens) concernés, ce que j'aurai tenté d'exprimer vous fera réaliser que vous avez un choix, que vous pouvez vous aimer en entier, qu'être vous-même veux aussi dire explorer les options que vous avez pour choisir celle que vous préférez, en toute connaissance de cause. 

Avec tout mon amour,
Evelyne
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This summer I visited a big artistic city called New York.
They say that over there, by the the Hudson River, people are free.
Free to grow, free to follow, free to flow in their own path
free to overflow, people like that.

This summer I walked in those sleepless streets for the third time but she
was a first.
Like a glimpse of rainbow on a rainy day, you know it’s coming.
You’re waiting for it to show, impatiently looking through the window’s glass.
She was walking in front of me, nonchalant, in harmony with the world out
and inside of her.

She was hairy.
As hairy as a girl could possibly be, all the hairs showing in knowned places
though it is poorly looked upon.
Legs covered, thighs, arm pits, mustache, head included.
What a crazy idea, this one…

She looked like an angel.
A delicate angel, an airy one ready to fly, so light and alive in all meanings.
Her clothes, floathing around her, dancing along with her at every step
simply enhanced the picture of perfect normality she already was exuting.
And it was that feeling of normality, of a body at ease
so as to become a banal exemplary of human life
or rather, a being which needed no more attention than another one
it was that feeling I had, through looking at her, that made her so special to me.

She had discovered she loved her hairs.
Or maybe she already knew deep down and had somehow managed to bring it up
Making her own voice louder or loving-er than the others’.
As we crossed the street,passing under a high bridge,nobody yelled at her, nobody laughed at her.
In fact, everybody did saw her, because she was beautiful, and continued with their day in peace
As one would do, being free of thoughts and compassionate and respectful.
The next time I saw a hairy girl, she was sitting right next to me, her hairy thigh touching mine.
I couldn’t stop fixing her legs.
They were slim, muscly, sexy and full of hairs.
But the arm pits were the best, all puffy and dark
so as to create a flashy contrast with her pale skin when she lifted her arms
To reach for chips.

And really, I keep telling myself
it’s no use calling a girl with visible hairs where the media say it shouldn’t be
A “hairy” girl
since everyone has them in the beginning. But. But shaved body parts has been normalized
And so I need to say the word out loud: hairs.
They exist and I love them. I choose to. That’s the real freedom.
If I wanna wax my butt, I shall do! If I wanna have a heart or a forest between my legs
That’s okay too.
After all, it my body. And nobody’s making me feel like a should do one thing only
Putting be in a box I’d get afraid to get out of, drowning me under water,
not knowing we’re the top is, pushing me in a one-way tunnel
Not knowing it’s just under a whole buzzing city.

Clean isn’t properly used to describe free girls.
You aren’t clean because you’ve shaved all the hairs that keeps you refreshed
When its 39 degrees outside.
Clean means you take care of your body: you wash it.
That’s right, you wash it, hairs or no hairs.
Do you love the hairs on your head? I bet you do. I bet your friends love passing their hands
in them.
I bet you like it. I bet some special person in your life likes that you have long nice hairs
To hold on to when…

Hairs are all the same.
I follow the girl pass the high bridge and I think.
I think that she must have pushed away disgust, ignorance towards her own body.

I’m home.
I decided to own myself. After that, it only gets more exciting.
I appreciate the new softness of my legs leaned against eachother,
catch my hands caressing myself, fascinated.

I’m home.
My body breathes. He simply exists.
And I feel pretty bloody well with myself.

I’m home.
And I feel howl again.

jeudi 18 août 2016

La robe blanche

CRÉATION-COLLAB #2
Bonjour! Le deuxième texte est une description en prose, composé des mots en gras ci-dessous: "antarctique", "Serdaigle" et "postiche". Cette fois, j'ai tenté d'explorer la fin du texte comme une chute de nouvelle. C'est-à-dire, comme quelque chose qui surprend!
En espérant donc vous étonner, 
Dans l'attente,
Evelyne
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Elle referma la porte sur elle et alluma la lampe de table à sa gauche. La pièce s’éclaira d’une douce lumière jaune, dévoilant un salon écrasé sur lui-même. Le divan deux places prenait des proportions immenses à côté du seul autre meuble de la pièce, une armoire taillée en chêne massif. Une main ouvrit machinalement cette dernière pour en sortir un miroir rétractable. Délicatement, elle le déplia jusqu’à qu’il atteigne sa hauteur, puis l’appuya contre le mur, entre la table d’entrée et le divan. Reculant d’un pas, le seul qu’elle pouvait prendre avant de toucher le mur opposé, elle s’observa dans la glace. Scrutant les moindres détails de sa personne, elle fit le tour de son corps, épuisée, mais satisfaite. Sa longue tresse blanche, défraîchie par la fête, avait tout de même gardé sa brillance aveuglante, une intensité digne du reflet du soleil de midi sur la glace antarctique. D’ailleurs, tout son look était froid, majestueux, imposant ; en plein son style. Pour accentuer l’effet, elle s’était amusée, plus tôt, à se promener avec le diadème du personnage fictif de Rowena Serdaigle sur la tête, une possession de son amie, fangirl finie. Ses yeux descendirent sur sa robe, un bijou pesant et brillant des épaules, élargies par des épaulettes, aux chevilles, caressées par un tour de dentelle à motifs. C’était tout juste si elle pouvait distinguer ses chaussures blanches compensées, tracées d’une ligne du même cristal que la robe. Tant mieux, se dit-elle, les chaussures compensées match pas trop avec ma tenue. Elle caressa doucement les petits cristaux postiches cousus tout autour d’elle sur son ventre, ses hanches, ses côtes, sa poitrine – trop plate à son goût –, ses bras. Elle se sentait bien, elle se savait elle-même. Lentement, ralentie par l’alcool, elle entreprit de retirer sa lourde robe, dégrafant, glissant, enjambant d’autres sections. L’ayant accrochée sur un cintre et entreposée prudemment dans la géante armoire, elle se retourna vers le miroir pour le ranger. Il lui renvoya l’image d’un corps plat et poilu en forme d’entonnoir, des épaules larges et des hanches étroites, des longs pieds encore chaussés de leurs talons compensés. Inintéréssée, elle retira ses chaussures et les posa sur l’étagère au-dessus de la robe sans épaulettes.
- Alex, as-tu finis d'te changer ? T’arrives-tu ?, lança une voix d’une pièce adjacente.
- Ouais, Gab, j’ai presque fini, s’entendit-elle répondre d’une voix qui n’était pas la sienne.
- À la prochaine ma douce, ma belle, ma vie, chuchota-t-elle à l’entité brillante avant de fermer les portes de chêne sur elle, d'éteindre la lumière et de se diriger gauchement vers la chambre, entre le divan et l'armoire.

lundi 8 août 2016

Spirale

- Projet d'écriture pour les 2 ans de la chaîne Booktube - 

CRÉATION-COLLAB #1
Voici le premier texte du projet que j'ai créé avec trois de vos noms communs: "dichotomie", "amont" et "aquarelle". Ils sont en gras dans le poème pour que vous puissiez les repérer facilement...
Ici, j'ai tenté d'écrire sur l'ivresse, c'est-à-dire, le sentiment, le "feeling" qui nous habite lorsque l'on est très ivre. Récemment, je suis devenue (sans préméditation) plus ivre que jamais je ne l'ai été avant. Avec mon esprit fort d'introspection, je suis revenue sur l'expérience, qui ne fut définitivement pas toute rose, avec un oeil d'analyste zélé, tentant de décortiquer toutes mes sensations et mes transformations. Ce fut vraiment intéressant. Juste assez pour écrire dessus, mais jamais assez pour recommencer (!).
Comme je l'ai dit, ceci est une tentative à la fois de parler d'ivresse et d'y inclure le plus naturellement possible vos mots colorés. Si mon poème ne résulte pas en une création très originale ou fine, il aura certainement été un grand plaisir à imaginer. Le but était de partager avec vous sur l'écriture et pour moi, d'avoir du plaisir. Check!

En attente de vos commentaires, 
Bien à vous,
Evelyne

Fait cocasse: C'est en relisant mon poème que j'ai remarqué sa répartition en les formes des 4 éléments: le feu, l'air, l'eau, la terre. J'ai une certaine adoration pour tout ce qui touche à la nature et aux éléments. Mon inconscient l'a évidemment manifesté ici. Comme quoi nos pensées ont souvent une certaine part d'autonomie, ou du moins, une richesse qu'on ne peut pas toute contrôler. J'ai donc remanié le tout pour mieux distinguer et exploiter chaque section.

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Mon corps tourne, tourne, tourne en rond
Dans une spirale infinie, un peu artisanale.
Je déforme mon espace,
c’est à la fois le problème et la source de l’extase. 
Mon corps se cogne sur des bras, des dos,
des comptoirs en biais.
Une dichotomie de mon cerveau, 
je le sens, à la fois absent et alerte, 
conscient de tous mes mouvements et enivré par leur chant.
Par des lois étrangères, mon corps s’embrase,
c’est à la fois exotique et effrayant.
Mes épaules, mes hanches, mes pieds
jouent d’une musique de rituel,
une musique de bord du feu,
une musique un peu charnelle,
surtout très belle.

Telle une Améridienne en amont d’une chute,
je me laisse tomber dans le vide, tournoyant,
traçant des courbes éclectiques dans les airs.
Elles sont tranchées puis ondulées,
fondues l’une dans l’autre, en symbiose,
comme l’aquarelle d’un pinceau sur une toile.

Et puis vient la collision,
Le choc inévitable d’une pierre avec l’eau calme
Ou encore, l’aquarelle qui se fige sur la toile.
Cette fois, mon esprit retrouve son corps et
je bascule pour de bon, fixe contre le sol.
Mes pieds se brûlent dans le feu,
L’Amérindienne ne vole plus,
l’aquarelle ne glisse plus et moi
je m’effondre en moi-même,
assommée par trop
trop de sensations.
Lentement, joue contre terre,
J’absorbe son énergie, je reviens à la vie.